Foi & raison
Ce que l'on croit savoir résiste-t-il à ce que l'on découvre ? Le doute y devient une méthode d'enquête autant qu'un vertige intime.
« Si tu es innocent, fume. »
Six prêtres sont morts. Aucune effraction. Aucune lutte. Sur chaque visage, le même sourire de paix — comme si la mort, pour eux, avait été une délivrance.
Le roman
Un thriller où le suspense devient une expérience intellectuelle autant qu'émotionnelle.
13,74 €
Édition brochée · expédition Amazon
Commander sur AmazonClaire Lukoki ne croit ni en Dieu ni aux miracles. Profileuse, athée, elle traque les coupables par ce qu'ils font, jamais par ce qu'ils prient. Jusqu'au jour où cette enquête la jette dans les bras de l'homme qu'elle n'aurait jamais dû aimer, et que tout, bientôt, va désigner comme le tueur.
Un poison venu du fleuve Congo. Une vérité enfouie depuis cinquante ans. Et une certitude qui se fissure à chaque page : et si elle aimait un monstre ?
Car dans cette histoire, l'innocence ne sauve pas.
Elle tue.
Plus Claire approche de la vérité, plus tout accuse celui qu'elle aime. Et plus elle l'aime, moins elle sait si elle le sauve ou si elle s'aveugle. Pour trancher, elle devra le soumettre à la plus ancienne des justices. Celle qui ne juge pas les actes. Celle qui juge l'âme.
Vous ne lâcherez pas ce livre avant la dernière page. Et la dernière page ne vous lâchera plus.
Prochainement
L'univers
Des intrigues sombres, des personnages moralement complexes, des dilemmes existentiels — trois lignes de tension traversent chaque roman.
Ce que l'on croit savoir résiste-t-il à ce que l'on découvre ? Le doute y devient une méthode d'enquête autant qu'un vertige intime.
Agere sequitur esse : l'agir suit l'être. Sommes-nous ce que nous faisons, ou faisons-nous ce que nous sommes déjà ?
Des récits qui interrogent moins les réponses que les certitudes, et invitent à remettre en question ce que l'on croit savoir sur l'homme, le mal et le sacré.
Bibliographie
Un univers romanesque singulier, développé au fil de trois romans.
Six prêtres morts, un poison venu du fleuve Congo, et une profileuse athée qui devra juger l'âme de l'homme qu'elle aime.
En librairie · 13,74 € CommanderDes prêtres meurent à Paris sans une blessure. Chaque mort réfute, mot pour mot, ce que la victime avait défendu de son vivant.
Prochainement · Ex falso quodlibet DécouvrirLe dernier volet de la trilogie. Ce bloc est un emplacement libre : modifiez-le quand vous voudrez l'annoncer.
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Qui suis-je ?
Né à Kinshasa en 1990. Fils de journaliste, poète à quatorze ans, dix années de séminaire entre Kinshasa et Rome, puis romancier. Je vis aujourd'hui en France. Voici comment tous ces morceaux tiennent ensemble.
Je suis né le 2 janvier 1990 à Kinshasa, en République démocratique du Congo. C'est dans cette ville vivante, chaleureuse et profondément contrastée que j'ai grandi, dans une atmosphère de convivialité et de vie sociale intense, mais aussi traversée par des tensions, des débats et des polémiques, notamment sur le plan religieux.
Kinshasa a été mon premier univers. Une ville où les conversations, les convictions, les croyances et les contradictions occupent une place importante dans la vie quotidienne. Sans que je puisse alors en mesurer la portée, cet environnement a certainement contribué à développer en moi une curiosité pour l'être humain, ses convictions, ses contradictions et les mécanismes qui déterminent ses choix.
Je ne savais pas encore que toutes ces observations nourriraient un jour mon écriture.
Ma mère n'a pas eu le bac.
C'est pourtant elle qui m'a appris à lire et à compter. Tout ce qui a suivi — les livres, le latin, la philosophie, la théologie, Rome — repose sur ce qu'une femme sans diplôme m'a transmis à la maison.
Elle est de ces femmes africaines qui n'ont pas fait d'études et qui, pourtant, savent. Elle connaît la médecine à sa manière : elle a été notre première infirmière à domicile, et c'est vers elle qu'on allait avant d'aller ailleurs. Elle coud. Elle bricole. Elle répare.
Elle connaît tout à sa manière — et elle connaît ses limites, ce qui est une autre forme de savoir, plus rare que la première.
Elle vivait déjà en France lorsque, en 2019, elle est tombée gravement malade. J'y reviendrai : cette maladie a décidé d'une partie de ma vie.
Je lui dois plus qu'une méthode : une idée de ce qu'est l'intelligence, et de ce à quoi elle ne se mesure pas.
Mon père était journaliste. L'un de mes souvenirs les plus marquants de lui reste son rapport au travail. Même lorsqu'il était en congé et qu'il se trouvait à la maison, il continuait à écrire ses articles. Sa plume semblait ne jamais prendre de vacances. J'admirais cette assiduité.
Son métier, cependant, ne nous a pas toujours permis d'être aussi proches que j'aurais pu le souhaiter. Il n'a pourtant jamais été un père absent. Il était simplement un homme profondément concentré sur son travail et sur cette autre présence qui semblait constamment l'accompagner : sa plume.
Il publiait dans plusieurs grands journaux du Congo. Pourtant, avec une certaine honnêteté, je dois reconnaître que je n'ai pratiquement jamais lu ses nombreux articles. J'avais grandi avec une certaine aversion pour tout ce qui touchait à la politique, et le journalisme de mon père m'apparaissait souvent à travers ce prisme. C'est assez paradoxal : le fils d'un journaliste qui écrivait sur la société et la politique avait développé une distance vis-à-vis de ces sujets.
Mais l'influence de mon père n'était pas passée par ses articles. Elle était passée par son exemple. Je voyais un homme qui écrivait parce qu'il avait quelque chose à dire, et qui travaillait sa plume avec constance.
Écrire n'est pas seulement avoir de l'inspiration ; c'est aussi accepter la discipline, la répétition et le travail.
Sans le savoir, j'étais déjà en train d'observer l'un des gestes qui allaient plus tard devenir une partie essentielle de ma propre vie.
À l'école, j'ai choisi la section littéraire, probablement sous cette influence indirecte de mon environnement familial. Mais c'est véritablement vers l'âge de quatorze ans, au collège, que la littérature a commencé à prendre une place particulière dans ma vie.
Je ne la percevais plus simplement comme une matière scolaire. Je découvrais un univers. Les livres me donnaient accès à d'autres vies, d'autres époques, d'autres manières de penser. Je commençais à comprendre que la littérature pouvait être à la fois une histoire, une exploration de l'intériorité humaine et une manière de questionner le monde.
C'est à cette même période que je suis tombé amoureux de la philosophie. La littérature me donnait des personnages et des histoires ; la philosophie m'apprenait à m'interroger sur ce qui se cachait derrière les comportements humains. Cette rencontre allait profondément orienter mon parcours.
Bien avant de penser au roman, mon esprit fonctionnait déjà par histoires. Depuis l'enfance, j'avais tendance à imaginer des situations, des personnages et des scénarios. À certaines périodes, il m'arrivait même d'avoir besoin de me raconter une histoire pour trouver le sommeil.
Je pouvais imaginer une situation, créer mentalement des personnages, leur faire vivre des événements, puis poursuivre l'histoire dans ma tête jusqu'à m'endormir. Je ne savais évidemment pas que cette habitude avait quelque chose à voir avec la vocation d'écrivain. Je savais simplement que mon imagination avait besoin de récits.
Certaines de ces histoires sont restées dans ma tête. D'autres ont été griffonnées dans des cahiers ou des blocs-notes. Beaucoup sont restées inachevées. Mais elles étaient là.
Le romancier que je deviendrais plus tard existait donc probablement sous une forme beaucoup plus ancienne : celle d'un enfant qui avait besoin d'inventer des histoires.
Vers quatorze ans, j'ai commencé à écrire mes premiers véritables textes. C'étaient principalement des poèmes. À cet âge, l'amour occupait déjà une grande place dans mon imaginaire. Il y avait les attirances, les sentiments, les histoires parfois réelles, parfois imaginaires, qui pouvaient me pousser à m'enfermer dans ma chambre pour écrire. Je transformais mes émotions en vers.
J'écrivais également des chansons, notamment des chansons d'amour. L'écriture et la musique devenaient deux manières de donner une forme à ce qui se passait en moi.
Plus tard, au séminaire, ces chansons allaient connaître une transformation inattendue : les chansons d'amour que j'avais écrites dans ma jeunesse allaient progressivement devenir des chansons exprimant ma relation à Dieu. Le destinataire changeait, mais quelque chose demeurait : le besoin de transformer l'émotion en mots.
J'ai longtemps été passionné par la poésie classique. J'aimais sa rigueur, ses contraintes, ses structures, ses sonorités et surtout le travail minutieux des rimes. Je pouvais m'attarder longtemps sur un vers à la recherche du mot juste ou de la rime qui lui donnerait sa pleine musicalité.
Cette exigence m'a beaucoup appris. La poésie m'a enseigné que les mots ne sont pas seulement porteurs d'idées ou d'émotions : ils ont aussi un rythme, une sonorité, une architecture.
J'ai beaucoup travaillé dans cette forme avant de progressivement évoluer vers d'autres manières d'écrire. Mais je garde de cette période le goût du mot précis, du rythme et du travail de la langue.
À une certaine période, Facebook est devenu mon principal espace d'expression littéraire. J'y publiais mes poèmes, mes émotions, mes réflexions et mes pensées. Les réseaux sociaux représentaient alors pour moi moins un espace de représentation qu'un lieu où je pouvais déposer une partie de mon monde intérieur.
J'y expérimentais ma voix. Je ne pensais pas nécessairement à construire une carrière d'écrivain. J'écrivais parce que j'avais besoin de mettre certaines choses en mots. Mes poèmes et mon langage imagé y suscitaient beaucoup de réactions.
Avec le recul, je considère cette période comme une forme de laboratoire littéraire : j'y ai appris à exposer mes textes au regard des autres et à assumer progressivement le fait d'écrire.
Au lycée, j'ai choisi l'option latin-philosophie. Cette formation a profondément marqué mon parcours.
Le latin m'a ouvert sur les textes anciens et sur une tradition intellectuelle qui avait traversé les siècles. La philosophie, quant à elle, m'a appris à questionner les évidences, à examiner les arguments et à ne pas accepter trop facilement les réponses toutes faites.
Je commençais à comprendre que penser ne consiste pas seulement à accumuler des connaissances. Penser, c'est aussi apprendre à douter intelligemment.
C'est à cette époque que l'idée du séminaire a commencé à prendre forme — portée à la fois par une vocation naissante et par le désir d'approfondir la philosophie, la théologie et les grandes questions qui m'habitaient.
Ma formation intellectuelle s'est construite à travers plusieurs rencontres avec des auteurs qui ont chacun ouvert une porte différente.
Parmi les premières figures qui m'ont marqué se trouve saint Augustin, notamment à travers Les Confessions. J'y ai découvert une pensée profondément tournée vers l'intériorité, la mémoire, le désir, la culpabilité, la quête de vérité et le combat intérieur.
Saint Thomas d'Aquin m'a ensuite marqué par son effort de dialogue entre la raison et la foi, notamment à travers son aristotélisme théologique. Très jeune, j'ai également découvert Jean-Jacques Rousseau, dont les réflexions sur l'homme, la liberté, la société et la nature humaine ont nourri mes interrogations.
Mais une influence particulière a été celle de Yves Mudimbe. La découverte de sa biographie m'a profondément impressionné. Très tôt, je me suis dit intérieurement que je voulais, moi aussi, construire un parcours intellectuel comparable au sien. Son œuvre Entre les eaux m'a particulièrement fasciné.
Je ne savais pas encore exactement où cette influence me conduirait, mais je percevais chez lui quelque chose qui correspondait à ce que je cherchais : une vie traversée par la pensée, la littérature, la philosophie, la culture et l'interrogation sur l'homme.
Je suis entré au séminaire à Kinshasa en 2009. Deux années de propédeutique, puis trois années de grand séminaire de philosophie. En 2014, je suis envoyé à Rome, à l'Université pontificale urbanienne, pour y faire la théologie ; j'y ajoute un master en philosophie. J'ai quitté Rome et le séminaire en 2019.
Et il est important de préciser une chose : j'y suis entré avec la volonté de devenir prêtre. Ce n'était ni un hasard, ni un choix par défaut, ni une décision prise pour quelqu'un d'autre. La vocation était réelle, et elle s'accompagnait d'un désir tout aussi réel de comprendre : aller au fond des questions qui m'habitaient, explorer le rapport entre l'homme, Dieu, la raison, la foi et la morale.
Le séminaire m'a donné cela. Mais il m'a aussi confronté à une réalité plus complexe que les concepts étudiés dans les livres : la réalité humaine.
Et il faut dire les choses comme elles ont été. Ce départ n'a rien eu d'une évidence. Il est venu après des années de crise de vocation et de traversée difficile. À cela s'ajoutaient deux peurs, aussi lourdes l'une que l'autre : celle du regard des autres, de ce qu'on dirait de moi si je partais ; et celle de l'avenir, que je ne voyais pas.
En 2019, ma mère est tombée gravement malade. J'en ai été profondément affecté.
J'ai appelé le recteur. Il savait déjà : je lui avais confié mes doutes, il connaissait ce que je traversais. Je lui ai dit que je ne reviendrais pas.
J'ai pris cette décision les yeux fermés. Et ce que j'ai éprouvé ensuite n'était pas le regret : c'était une délivrance, un soulagement.
Je suis parti volontairement, après ces dix années, sans qu'on m'y pousse et sans rupture avec ce que j'y avais reçu. Je suis ensuite venu en France, où je vis aujourd'hui.
C'est probablement l'une des grandes leçons que je retiens de ces années. J'ai découvert que l'homme est rarement réductible à une seule dimension.
Même dans un environnement consacré à la formation spirituelle et à la recherche de la sainteté, l'être humain demeure un être traversé par des contradictions. On peut aspirer sincèrement au bien et être pourtant confronté à ses propres faiblesses. On peut défendre une valeur et éprouver intérieurement son contraire. On peut être animé par une foi sincère et rester profondément humain, avec ses désirs, ses peurs, ses ambitions, ses fragilités et ses zones d'ombre.
J'ai eu des formateurs d'une rigueur redoutable dans ce qu'ils exigeaient de nous, et dont la moralité personnelle était parfois beaucoup plus fragile que leur discours.
Et j'ai vu ce que produit la peur. La crainte du renvoi pesait sur la maison ; elle nous poussait à l'hypocrisie. On apprenait, sans jamais le dire, à présenter ce qu'il fallait présenter.
Cette expérience m'a appris à me méfier des apparences trop simples.
La sainteté n'abolit pas l'humanité. Elle peut parfois contribuer à la révéler dans toute sa complexité.
C'est là que mon regard sur les personnages humains a commencé à changer. Je ne voyais plus seulement des personnes bonnes ou mauvaises. Je voyais des êtres capables du meilleur comme du pire, souvent dans une même vie, parfois dans une même journée, et quelquefois dans une même décision.
Cette découverte allait devenir essentielle dans mon rapport à la fiction.
Au séminaire, mon intérêt pour la philosophie s'est approfondi. J'ai notamment découvert avec passion les idées de Bertrand Russell et celles des philosophes analytiques. Cette rencontre a représenté un autre tournant. J'apprenais à accorder davantage d'importance à la précision des concepts, à la logique des raisonnements et à la nécessité de clarifier les idées avant de les accepter.
Puis, après le séminaire, ma réflexion a continué à évoluer, notamment autour de la démythologisation. Cette étape a progressivement modifié mon rapport aux textes religieux, aux récits, aux symboles et à la question de la vérité.
Je ne cherchais plus seulement à savoir ce qu'un récit disait. Je cherchais à comprendre ce qu'il signifie, comment il s'est construit, ce qu'il révèle de l'homme et comment nous pouvons distinguer le symbole, l'interprétation, la croyance et la réalité.
Cette évolution intellectuelle n'a pas supprimé les questions qui m'habitaient. Elle les a rendues plus complexes.
Avec le temps, j'ai compris que la philosophie et la littérature ne répondaient pas de la même manière aux mêmes questions.
La philosophie cherche à clarifier, argumenter et interroger. La littérature permet de faire vivre une idée à travers un personnage, un conflit, une émotion ou une situation.
Une idée philosophique peut être exposée en quelques pages. Mais un roman peut prendre cette même idée et demander au lecteur : « Et vous, que feriez-vous si vous étiez à sa place ? »
Cette différence m'a progressivement attiré vers la fiction. J'avais accumulé des questions sur l'homme. J'avais accumulé des histoires dans mon imagination. J'avais déjà une longue expérience de la poésie. Il ne restait finalement qu'à réunir ces différentes dimensions.
Mes textes, à cette époque, vivaient surtout de leur langage : des images, des formules, une écriture qui cherchait l'effet et le trouvait souvent. Jusqu'au jour où un ami, ancien séminariste lui aussi, m'a donné un conseil que je n'attendais pas : rends ton style sobre. Rends-le accessible à tout le monde.
Il avait raison, et cela m'a coûté quelque chose d'y consentir. J'ai cessé de chercher la belle formule pour chercher la phrase juste.
C'est de là que sont venus les romans. J'ai commencé à mettre mes imaginations par écrit — non plus pour dire mes idées, mais pour les incarner dans des personnages et les faire vivre dans une existence.
Je n'ai pas commencé à inventer des histoires à ce moment-là. Les histoires étaient déjà là. Elles existaient depuis longtemps dans mon imagination : certaines griffonnées dans des blocs-notes, d'autres seulement esquissées, d'autres encore restées entièrement dans ma tête. Le roman est devenu le moyen de leur donner enfin une existence réelle.
Passer de la poésie au roman représentait aussi un changement d'échelle. La poésie permet de condenser une émotion en quelques mots. Le roman permet de construire un monde. Il permet de développer des personnages, de créer des conflits, de faire évoluer une intrigue et surtout de placer l'être humain dans des situations où ses convictions sont mises à l'épreuve.
C'est dans cet espace que mon imagination a finalement trouvé sa forme la plus naturelle.
J'ai toujours été attiré par les thrillers. Mais ce qui m'intéresse dans ce genre dépasse le simple suspense.
Le thriller permet de placer l'être humain dans une situation extrême : face au danger, au mensonge, au secret, à la peur, à la manipulation ou à la nécessité de choisir. Il oblige les personnages à révéler quelque chose. Parfois quelque chose qu'ils voulaient cacher aux autres. Parfois quelque chose qu'ils ne voulaient pas reconnaître eux-mêmes.
C'est cette dimension qui me fascine. Le thriller rejoint ainsi certaines des questions qui m'accompagnent depuis mes premières découvertes de la philosophie et de la littérature :
Pour moi, le thriller est devenu une manière de mettre ces questions en scène.
Lorsque je regarde aujourd'hui mon parcours, je ne vois pas une succession de hasards. Je vois une continuité.
L'enfant qui observait son père écrire sans relâche. L'adolescent qui découvrait la littérature et la philosophie. Le jeune homme qui écrivait des poèmes et composait des chansons. L'homme qui est entré au séminaire à Kinshasa avec une vocation sincère, qui a passé dix ans entre Kinshasa et Rome, et qui en est reparti de lui-même. Celui qui y a découvert le clair-obscur de l'être humain. Celui qui s'est ensuite confronté à la philosophie analytique, à Russell et à la démythologisation. Et enfin celui qui, en France, a commencé à transformer ses histoires imaginées depuis l'enfance en romans.
Tous ces moments appartiennent finalement à la même histoire.
J'écris parce que l'être humain m'interroge. J'écris pour explorer ses contradictions. J'écris pour mettre à l'épreuve ses certitudes.
J'écris parce que derrière chaque apparence, il peut y avoir une histoire que nous ignorons.
Et peut-être surtout parce que je reste convaincu que les histoires sont l'une des meilleures façons de poser les questions auxquelles aucune réponse simple ne suffit.
C'est dans cet espace, entre la lumière et l'ombre, entre la raison et le mystère, entre la vérité et ce que nous croyons être la vérité, que se trouve mon univers littéraire.
Si ce chemin vous parle, il se lit surtout dans les livres. Les questions y sont posées autrement : par des personnages qui n'ont pas le luxe de rester théoriques.